La taille ne compte pas ! ;-)

La taille ne compte pas ! ;-)

Quand on débute en tant que peintre, on rêve (beaucoup) d’un grand atelier plein de taches de peinture avec de grandes baies vitrées, un parquet usé et un vieux canapé vintage dans un coin… et quand on surf sur YouTube à l’affût de vidéos d’artistes qu’on admire et qu’on voit leur contexte créatif, ça ne fait rien pour étouffer le rêve hollywoodien. On imagine la gloire se créer la dedans :

La nature a horreur du vide

L’artiste aussi ! Quand j’ai emménagé dans mon appartement de Saint-Maur, j’avais une chambre de 10 m²  rien que pour mon activité artistique. Loin de l’image bohème, mais c’était largement assez confortable pour y installer chevalets, peintures, pinceaux, ordinateur, bureau, paperasse et…. nom de zeus ! En un rien de temps, j’avais à peine la place de tourner autour de ma toile.

Peu importe, mon antre avait un petit goût de paradis et j’avais tout à portée de main. Impossible de jeter quoi que ce soit, vous connaissez le syndrome du « ça peut toujours servir »? Et ça sentait tellement bon la peinture…. hummm encore plus quand j’ai commencé la peinture à l’huile, accompagnée de ses délicieuses effluves de térébenthine ! (à chacun ses délires olfactifs, j’en connais qui kiffe le kérosène)

Chéri j’ai rétréci l’atelier!

Et puis, un jour, mon amoureux est entré dans ma vie … quelques temps plus tard, changement de vie et d’espace, me voici installée dans un petit nid douillet de deux pièces, 46 m² en plein Paris.

Plus près des musées, de la place du Tertre et d’une culture artistique palpitante dans les rues de la capitale, mais également les deux pieds dans la dure réalité des petits espaces parisiens. Il me fallut donc faire des choix drastiques dans mon matériel et faire appel à nos deux créativités conjuguées pour trouver des solutions.

Les 10 paradoxes de la créativité 

Ça n’a pas été simple. Je me suis sentie frustrée avec mon chevalet vagabond monté sur roulettes, qui passait du salon à la chambre après chaque séance de peinture. Un peu comme Joe Dalton sans ses frères ou Van Gogh sans son oreille coupée, ca ne pouvait pas durer. Mais finalement, comme le raconte très bien Luc de Brabandère dans sa conférence, les contraintes finissent par booster la créativité, contourner les obstacles au lieu de buter dessus. Le concept clé: changer pour penser (et non l’inverse), changer … les idées existantes pour en trouver de nouvelles.

J’ai fini par oublier les cartons de peinture acrylique, les bouts de journaux étrangers que je collais sur mes toiles, le compresseur d’aerographe utilisé une dizaine de fois et les milliers de crayons et feutres de diverses qualités. J’ai réalisé que j’avais le même espace autour de mon chevalet que dans mon bureau atelier encombré et conclu que, pour peindre, il ne me fallait que des tubes, des pinceaux, une toile et mon cerveau. Six mois de blocage et de frustration pour comprendre que ce n’est pas l’atelier qui fait l’artiste, mais bien l’inverse. (Un peu longue à la détente je trouve)

C’est complexe de faire simple, mais ça rapporte

Un petit meuble sur roulette contient tout ce dont j’ai besoin désormais et l’astreinte de ranger tout quand j’ai fini, a été simplifiée. J’ai gagné du temps, de l’argent, et me suis concentrée sur l’essentiel : ma toile et l’immensité de ce que je voulais projeter dessus.

Et le stock d’œuvres maaaaagnifiiiiques qui grandit à vue d’œil, me direz-vous ? La plus grande partie garnie nos murs, nous pouvons profiter tous les jours de notre galerie privée (la classe hein?). Pour le reste, il y a encore de la place chez Maman 😁

Avez-vous déjà fait cette expérience de créativité sous la contrainte? Venez me raconter ça dans les commentaires mes petits McGiver!

Tout le monde peut dessiner ! Oui, même vous ;-)

Tout le monde peut dessiner ! Oui, même vous ;-)

J’ai envie de tordre le coup à un cliché: “on ne peut dessiner que si on a un don, une aptitude particulière sans laquelle il serait impossible de dépasser le stade du bonhomme bâton. C’est archi faux !! Et pourtant, cette croyance est si forte que bon nombre de Picasso en herbe n’ont certainement jamais réussi à franchir le pas.

3 ingrédients indispensables

Le plus important selon moi c’est l’Envie. Sans cette motivation puissante, ne cherchez même pas à tracer une  ligne droite, ça donnera le même résultat que la chambre “rangée” de mon fils!

L’envie va être le moteur de la Curiosité. Cette petite coquine vous emmène fouiller dans tous les coins du net à la recherche de tutos, de solutions techniques, d’autres artistes plus expérimentés sur lesquels rêver et prendre modèle, et vous apprend quantité de choses dont vous ne soupçonniez même pas l’existence au départ.

De fil en aiguille, le Plaisir grandit, comme une drogue qui vous dit “encore, encore!!”. Une fois lancé(e) sur la route du dessin, des découvertes et des révélations, de la joie d’expérimenter de nouveaux matériaux ou des techniques différentes, la Passion pourra alors se révéler, et la confiance se développer. Bref, c’est un chemin qu’on a tout à gagner à emprunter.

Pour moi, tout a commencé en crayonnant un bateau échoué sur le sable pendant mes vacances d’été, juste pour le fun… en attendant de bronzer. Surprise du résultat, réussit à mes yeux, j’ai voulu approfondir et retrouver le plaisir que j’avais pris dans cette petite bulle de créativité momentanée. 

Alors, j’ai cherché des sujets qui me plaisaient et j’ai continué. Du crayon, je suis passée au fusain, puis au pastel sec, ensuite à l’acrylique et aujourd’hui, je m’éclate comme une dinde (oui c’est fait exprès :p) avec de la peinture à l’huile, alors que je pensais que c’était bien trop compliqué et technique pour moi.

Un bon coup de crayon ? Oui sans doute, mais j’ai beaucoup travaillé, essayé, raté, recommencé et expérimenté, avant d’en arriver à ce que j’estime un bon travail aujourd’hui (même si la route n’est évidemment pas terminée).

Quelques outils pour aller plus loin

Je vous livre ma propre expérience et une liste non exhaustive de tout ce qui m’a aidé à me mettre le pied à l’étrier. Cela a fonctionné pour moi, pourquoi pas vous ? (pour ce qui va suivre, je ne perçois aucune commission ou rétribution d’aucune sorte, parole de scout!)

  • Les tutos sur Youtube: Il suffit de taper “apprendre à dessiner” pour trouver une liste sans fin de gens très qualifiés et expliquant simplement différentes méthodes, à vous de trouver le mentor qui vous accrochera. Je me suis abonnée à la chaîne de Florent Farges qui explique très bien comment peindre à l’huile, de l’aménagement de l’atelier au choix des médiums, comment choisir ses couleurs etc… au passage, prenez le temps de flâner dans sa galerie, ses oeuvres sont magnifiques !

  • Les bouquins: difficile de vous citer un titre en particulier, il y en a énormément. Celui qui vous conviendra saura vous expliquer, suivant votre niveau, des “pas à pas” et de la théorie, mais surtout beaucoup beaucoup d’illustrations. Mon conseil : fouillez dans les rayons des librairies pour débusquer “Faire de la Bande Dessinée” de Scott McCloud. Il est fantastique pour se lancer dans ce domaine et raconter une histoire en image. Il y a aussi “Cours de dessin” de Charles Bargue et Jean-Léon Gérôme, finement conseillé par un artiste que j’adore, Cesar Santos, avec une méthode plus académique du dessin de corps humain ou de portrait (mais simple!).
Intérieur Livre Cours de dessin
Livre cours de dessin

Cours de dessin” Charles Bargue et Jean-Léon Gérôme

  • Les magazines spécialisés: j’ai longtemps été abonnée à Pratique des Arts qui a des articles passionnants et des interviews d’artistes expliquant leurs méthodes et leurs expériences. Beaux Arts magazine, pour la culture artistique générale et Plaisir de peindre, contenant des pas à pas intéressants et plein de sujets qui vont vous donner envie de vous lancer.

  • Les cours et les stages à la carte ou à l’année: il y a toujours une association dans votre ville pour vous aider, et si vous fouillez un peu plus loin sur le web, des stages spécifiques suivant votre niveau, à des tarifs généralement abordables. Franchement, une mine d’or à portée de crayon à ne pas négliger, surtout au début. Il ne reste plus qu’à trouver celui dans lequel vous vous sentirez à l’aise avec la méthode et l’ambiance.

L’ultime joker du succès: vous !

Il n’y a pas de miracle, tout repose sur vous! C’est en forgeant qu’on devient forgeron, et en dessinant, que l’on trouve de plus en plus de plaisir à créer, d’expérience qui améliore le trait, et pourquoi pas un jour devenir artiste ? Que ce soit dans la marge d’un compte-rendu de réunion ou dans un carnet toujours logé dans son sac, le plus important c’est de dessiner aussi souvent que vous le pouvez, et surtout d’y prendre PLAISIR !

Je vous parlerai dans un prochain article de ce qu’il faut, à mon sens, apprendre en premier. Si vous souhaitez vous lancer dans le dessin, gardez à l’esprit cette jolie citation :

“L’art n’a pas de limite et aucun artiste ne possède la perfection.” (Ptahhotep)

J’ai commencé par un bateau parce qu’il était devant moi, mais vous ? Qu’est-ce qui vous donnerait envie de dessiner ? On se donne rendez-vous dans les commentaires et dans deux semaines pour un nouvel article wink